mardi 4 janvier 2011
Agace-méninges no 3- Je sais ce que tu penses.
L'année nouvelle est enclenchée. Les bonnes résolutions sont prises, le bilan de la vieille année est conclu. Quant aux chicanes...
Même si les rituels vous ennuient, une année neuve reste un symbole.
Le temps des Fêtes représente un grand ménage des douze derniers mois, avant de relancer, pimpantes et pimpants, la machine à nouveau.
Nous y avons été requis par ces reportages traditionnels visant à dépoussiérer nos valeurs et faire reluire notre psyché.
Parmi les thèmes récurrents, il y a eu les sujets de conversation à éviter lors de festivités avec toutes sortes de monde. Attention : danger de chicanes.
Vous êtes-vous chicanés? Vous a-t-on cherché?
Si l'alcool a fait partie de vos menus, vous êtes sauvés. Peut-être.
Vous avez probablement été victime de « biais d'intentionnalité », selon le psychologue social Laurent Bègue(*1).
Dans la revue de vulgarisation scientifique Cerveau & psycho, on note que ce biais « désigne la tendance à percevoir une volonté derrière ce qui est fortuit ou accidentel ».
Après des tests sur des volontaires ignorant l'objectif réel de l'étude, on a constaté que l'alcool augmente la tendance à juger intentionnel ce qui ne l'est pas(*2).
Dommage que l'alcool n'explique pas tout.
Les procès d'intention : croire que l'on sait ce que l'autre pense. Et réagir selon notre impression.
Prendre pour acquis : ne pas vérifier.
Ne pas chercher à savoir si notre perception s'avère ou pourquoi l'autre porterait de telles intentions.
Oublier de s'informer, de vouloir apprendre, et comprendre davantage.
Attention : danger de régression.
Rester statique sclérose l'humain, et pas seulement physiquement.
Pour mieux vieillir, il faut demeurer curieuse ou curieux de ce qui se passe au-delà notre petit monde personnel. Cela garde nos capacités mentales le plus actives.
C'est la grâce que je nous souhaite pour cette année. Avec ou sans alcool.
-30-
(*1) Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale à l’université Grenoble-II et membre de l’Institut universitaire de France; auteur de L’Agression humaine, Dunod, 2010.
(*2) Cerveau & psycho, Pourquoi l'ivrogne est susceptible, page 9, Novembre-décembre 2010.
mercredi 8 décembre 2010
Taxi-jasette - Le malheur des uns, le bonheur des autres
Jasette en taxi. Montréal, centre-ville. « Comment vont les affaires? »
- Pas fort!, dit le chauffeur. Avec l'autobus 747 qui amène le monde à l'aéroport pour 7 $ et avec les Bixis, c'est 30 % de chiffre d'affaires au moins qu'on a perdu.
- Les Bixis? Les gens qui pédalent prenaient-ils le taxi?
- C'était des petites courses, des étudiants en retard, mais il y en avait. Les touristes aussi essaient le Bixi. Et là, on va payer 45 $ en plus pour l'immatriculation de l'auto! 45 $! Mais nos permis, eux, ne baissent pas.
- Allez-vous demander que le coût du permis diminue?
- On devrait...
- Vous devez être content de l'hiver. Ça enlève des Bixis.
- Tout ça, c'est la faute du maire Tremblay. Il ne s'occupe pas du monde ordinaire!
Y avoir pensé, la cliente lui aurait parlé de la hausse des tarifs de métro et d'autobus. Pour l'encourager.
- Pas fort!, dit le chauffeur. Avec l'autobus 747 qui amène le monde à l'aéroport pour 7 $ et avec les Bixis, c'est 30 % de chiffre d'affaires au moins qu'on a perdu.
- Les Bixis? Les gens qui pédalent prenaient-ils le taxi?
- C'était des petites courses, des étudiants en retard, mais il y en avait. Les touristes aussi essaient le Bixi. Et là, on va payer 45 $ en plus pour l'immatriculation de l'auto! 45 $! Mais nos permis, eux, ne baissent pas.
- Allez-vous demander que le coût du permis diminue?
- On devrait...
- Vous devez être content de l'hiver. Ça enlève des Bixis.
- Tout ça, c'est la faute du maire Tremblay. Il ne s'occupe pas du monde ordinaire!
Y avoir pensé, la cliente lui aurait parlé de la hausse des tarifs de métro et d'autobus. Pour l'encourager.
dimanche 5 décembre 2010
11 - Faire peur au monde
Faire peur au monde représente une stratégie efficace pour brouiller la réflexion. Si l'on précise, en plus, qu'on ne veut surtout pas faire peur au monde, mais qu'il s'agit d'une réalité incontournable, vous sentez-vous rassuré?
Ou doublement piégé?
Admirons donc le Conference Board qui, à la mi-novembre, a lancé avec force mots-chocs le rapport Les finances publiques du Québec : l'heure des choix a sonné, de Mario Lefebvre (*1).
Les 36 pages débordent de chiffres et calculs : de toute beauté.
Il n'est pas dans notre intention de les décortiquer.
Les perspectives qui ressortent à la lecture de ce rapport ne se trouvent pas dans l'arithmétique.
C'est l'intention qui compte, dit-on. Allons-y voir.
LE CHOIX DES DONNÉES
L'intention réside d'abord dans le choix des éléments mis en évidence par l'analyse. Nous résumons.
On a élaboré des prévisions de dépenses échelonnées sur vingt ans.
On extrapole des données de 2010 jusqu'à 2030 pour 1) le déficit du Québec, 2) les services publics en santé et 3) en éducation en lien avec 4) le vieillissement de notre société.
Pour les revenus, le Conference Board explique qu'il croit que ce sera limité par une croissance économique modeste. Rien d'autre.
Le résultat? Plus de 45 milliards $ de déficit québécois en 2031.
Le clou est enfoncé par l'unique exemple d'une unique solution que choisit l'organisme : augmenter la taxe de vente. Ça atteindrait 19,5 % en 2031 pour le Québec, selon son scénario.
Ayoye! Tsss : l'auteur du rapport, M. Lefebvre, précise qu'il ne veut pas être « apocalyptique ».
QU'EST-CE QUI CLOCHE DANS CETTE ANALYSE?
Il s'agit d'extrapolations et d'hypothèses, mais au final, c'est devenu ce qui surviendra. On est passé de ce qui pourrait peut-être arriver à la position de l'oracle nimbé de certitudes.
Il y a aussi tout ce qui manque, tout ce qu'on n'a pas intégré, tout ce dont on ne tient pas compte.
Par exemple, l'étude précise que le déficit actuel, établi à 4,5 milliards $, est essentiellement dû à l'argent dégagé par le gouvernement pour soutenir l'économie depuis la dernière Crise financière mondiale.
Le Conference Board n'évoque pas de mesures pour diminuer le déficit actuel, par exemple en mettant à contribution les entreprises. Elles en profitent pourtant au premier chef.
Autre lacune : le rapport se limite à une extrapolation de certaines dépenses et revenus, alors qu'un gouvernement, dirigeant toute une société, doit intégrer des critères autrement plus complexes.
Ce qui ressort, c'est que le Conference Board a élégamment tourné les coins carrés.
Le nuage noir des hypothèses justifie le prétexte: frapper les esprits pour faire peur au monde.
Image dramatique pour image dramatique, son ultimatum est aussi impitoyable que de jeter la p'tite vieille, le p'ti vieux et la baignoire avec l'eau du bain parce qu'on veut limiter les dépenses de savon.
POURQUOI?
La réponse provient des questions posées en conclusion.
Le Conference Board agite le tocsin : si la population veut garder l'universalité des soins de santé, et conserver de bas frais pour que les jeunes s'instruisent davantage, la population doit comprendre que cela a un coût.
«C'est aux citoyennes et citoyens de dire à leur gouvernement des années à venir le type de société qu'ils désirent.»
Le Conference Board fait planer que la situation idéale pour le Québec serait un déficit éliminé avec les systèmes de santé et d'instruction publics éliminés.
Cette vision ne tient pas compte d'impacts humains, sociaux, voire économiques si elle était réalisée.
Car les dépenses en ne disparaîtront pas même si les perspectives de vivre vieille et vieux en forme s'améliorent constamment. S'instruire reste vital, d'autant que plus une personne est instruite, plus elle peut garder un bon niveau de vie et de santé.
Cela a, encore une fois, été confirmé le 29 novembre par les Résultats d'enquêtes sur la santé et les habitudes de vie des personnes aînées (*2), et c'est qui se dégage des multiples études de l'Institut de la statistique du Québec.
Le vieillissement de la population pose de vastes défis.
Or, ce rapport du Conference Board limite les champs d'action potentiels par son approche étriquée et son recours au catastrophisme émotif. Il n'ouvre pas de perspectives.
On comprend que l'objectif est d'orienter les politiciens et les dirigeants d'entreprises. Mais par rapport à tous les enjeux, et surtout à toutes les personnes en cause, les sentiers privilégiés se révèlent trop étroitement bornés.
C'est cette intention-là qui fait peur.
-30-
*1- http://www.conferenceboard.ca/e-library/abstract.aspx?did=3902
*2- http://areq.qc.net/no_cache/publications/communiques/communique/article/347/2/
Qu'est le Conference Board?
Il se décrit comme un organisme de recherche appliquée, le plus en vue au Canada, indépendant et sans but lucratif.
Il ajoute qu'il est objectif, non partisan, qui ne défend pas d'intérêts particuliers.
Il se finance en vendant ses services aux secteurs privé et public.
Les services : formation et perfectionnement en direction et capacités organisationnelles, réseautage parmi les gens d'affaires et autres clients du service public, analyses et prévisions économiques, en rendement des organisations et en politiques gouvernementales.
Enfin, il est affilié au Conference Board Inc. à New York qui dessert près de 2000 entreprises de 60 pays.
-30-
Ou doublement piégé?
Admirons donc le Conference Board qui, à la mi-novembre, a lancé avec force mots-chocs le rapport Les finances publiques du Québec : l'heure des choix a sonné, de Mario Lefebvre (*1).
Les 36 pages débordent de chiffres et calculs : de toute beauté.
Il n'est pas dans notre intention de les décortiquer.
Les perspectives qui ressortent à la lecture de ce rapport ne se trouvent pas dans l'arithmétique.
C'est l'intention qui compte, dit-on. Allons-y voir.
LE CHOIX DES DONNÉES
L'intention réside d'abord dans le choix des éléments mis en évidence par l'analyse. Nous résumons.
On a élaboré des prévisions de dépenses échelonnées sur vingt ans.
On extrapole des données de 2010 jusqu'à 2030 pour 1) le déficit du Québec, 2) les services publics en santé et 3) en éducation en lien avec 4) le vieillissement de notre société.
Pour les revenus, le Conference Board explique qu'il croit que ce sera limité par une croissance économique modeste. Rien d'autre.
Le résultat? Plus de 45 milliards $ de déficit québécois en 2031.
Le clou est enfoncé par l'unique exemple d'une unique solution que choisit l'organisme : augmenter la taxe de vente. Ça atteindrait 19,5 % en 2031 pour le Québec, selon son scénario.
Ayoye! Tsss : l'auteur du rapport, M. Lefebvre, précise qu'il ne veut pas être « apocalyptique ».
QU'EST-CE QUI CLOCHE DANS CETTE ANALYSE?
Il s'agit d'extrapolations et d'hypothèses, mais au final, c'est devenu ce qui surviendra. On est passé de ce qui pourrait peut-être arriver à la position de l'oracle nimbé de certitudes.
Il y a aussi tout ce qui manque, tout ce qu'on n'a pas intégré, tout ce dont on ne tient pas compte.
Par exemple, l'étude précise que le déficit actuel, établi à 4,5 milliards $, est essentiellement dû à l'argent dégagé par le gouvernement pour soutenir l'économie depuis la dernière Crise financière mondiale.
Le Conference Board n'évoque pas de mesures pour diminuer le déficit actuel, par exemple en mettant à contribution les entreprises. Elles en profitent pourtant au premier chef.
Autre lacune : le rapport se limite à une extrapolation de certaines dépenses et revenus, alors qu'un gouvernement, dirigeant toute une société, doit intégrer des critères autrement plus complexes.
Ce qui ressort, c'est que le Conference Board a élégamment tourné les coins carrés.
Le nuage noir des hypothèses justifie le prétexte: frapper les esprits pour faire peur au monde.
Image dramatique pour image dramatique, son ultimatum est aussi impitoyable que de jeter la p'tite vieille, le p'ti vieux et la baignoire avec l'eau du bain parce qu'on veut limiter les dépenses de savon.
POURQUOI?
La réponse provient des questions posées en conclusion.
Le Conference Board agite le tocsin : si la population veut garder l'universalité des soins de santé, et conserver de bas frais pour que les jeunes s'instruisent davantage, la population doit comprendre que cela a un coût.
«C'est aux citoyennes et citoyens de dire à leur gouvernement des années à venir le type de société qu'ils désirent.»
Le Conference Board fait planer que la situation idéale pour le Québec serait un déficit éliminé avec les systèmes de santé et d'instruction publics éliminés.
Cette vision ne tient pas compte d'impacts humains, sociaux, voire économiques si elle était réalisée.
Car les dépenses en ne disparaîtront pas même si les perspectives de vivre vieille et vieux en forme s'améliorent constamment. S'instruire reste vital, d'autant que plus une personne est instruite, plus elle peut garder un bon niveau de vie et de santé.
Cela a, encore une fois, été confirmé le 29 novembre par les Résultats d'enquêtes sur la santé et les habitudes de vie des personnes aînées (*2), et c'est qui se dégage des multiples études de l'Institut de la statistique du Québec.
Le vieillissement de la population pose de vastes défis.
Or, ce rapport du Conference Board limite les champs d'action potentiels par son approche étriquée et son recours au catastrophisme émotif. Il n'ouvre pas de perspectives.
On comprend que l'objectif est d'orienter les politiciens et les dirigeants d'entreprises. Mais par rapport à tous les enjeux, et surtout à toutes les personnes en cause, les sentiers privilégiés se révèlent trop étroitement bornés.
C'est cette intention-là qui fait peur.
-30-
*1- http://www.conferenceboard.ca/e-library/abstract.aspx?did=3902
*2- http://areq.qc.net/no_cache/publications/communiques/communique/article/347/2/
Qu'est le Conference Board?
Il se décrit comme un organisme de recherche appliquée, le plus en vue au Canada, indépendant et sans but lucratif.
Il ajoute qu'il est objectif, non partisan, qui ne défend pas d'intérêts particuliers.
Il se finance en vendant ses services aux secteurs privé et public.
Les services : formation et perfectionnement en direction et capacités organisationnelles, réseautage parmi les gens d'affaires et autres clients du service public, analyses et prévisions économiques, en rendement des organisations et en politiques gouvernementales.
Enfin, il est affilié au Conference Board Inc. à New York qui dessert près de 2000 entreprises de 60 pays.
-30-
mercredi 10 novembre 2010
10 - Boumeuses, boumeurs, boomers : ambigus
Faire partie des boumeuses et des boumeurs, c'est, disons-le carrément, déplaisant. C'est comme si, à ce stade, il faut tendre vers un seul but: mettre les freins. Au dérangeant cumul d'années de vie finie, ajoutons le poids des lieux communs qui se révèlent plus négatifs que positifs. Le tableau est ambigu.
Le nouveau grand principe sous-jacent : se conditionner à se mettre au neutre, à se rapetisser, à s'amenuiser.
C'est que les boumeuses et boumeurs doivent se défendre d'exister en si grand nombre.
Ils doivent se justifier de prendre tant de place.
Ils portent les cornes de boucs émissaires pour tout ce qui a cloche chez les autres générations.
Il est également bien vu de les culpabiliser parce qu'ils ont bifurqué de leurs idéaux de jeunesse.
En plus, ce serait normal!
Les images communes: consommer, habiter en plus petit ou plus luxueux, rénover, jardiner, voyager. Profiter des enfants, collés mais pas trop. Préparer sa retraite, ça commence à presser. Se soucier de la santé, faire du sport pour le maintien des chairs. Cheminer pour accepter la déchéance liée au vieillissement.
Les boumeuses et boumeurs expérimenteraient dans le loisir et le passe-temps en se préparant à oublier les vrais emplois. Cela en carburant à la musique de leurs quinze-trente ans acharnés à rester présents.
Bien sûr, quelques personnes déprimeraient par-ci par là. Des frustrations, ils en auraient gardé au passage du temps. Mais rien de majeur; seulement un peu de poussière d'années mal nettoyées.
Ça fait beaucoup de monde qui ne ferait que transiter vers des cocons. Ça fait beaucoup de monde qui ne penserait qu'aux mille et une manières de laisser-aller...
Est-ce tout?
Le nouveau grand principe sous-jacent : se conditionner à se mettre au neutre, à se rapetisser, à s'amenuiser.
C'est que les boumeuses et boumeurs doivent se défendre d'exister en si grand nombre.
Ils doivent se justifier de prendre tant de place.
Ils portent les cornes de boucs émissaires pour tout ce qui a cloche chez les autres générations.
Il est également bien vu de les culpabiliser parce qu'ils ont bifurqué de leurs idéaux de jeunesse.
En plus, ce serait normal!
Les images communes: consommer, habiter en plus petit ou plus luxueux, rénover, jardiner, voyager. Profiter des enfants, collés mais pas trop. Préparer sa retraite, ça commence à presser. Se soucier de la santé, faire du sport pour le maintien des chairs. Cheminer pour accepter la déchéance liée au vieillissement.
Les boumeuses et boumeurs expérimenteraient dans le loisir et le passe-temps en se préparant à oublier les vrais emplois. Cela en carburant à la musique de leurs quinze-trente ans acharnés à rester présents.
Bien sûr, quelques personnes déprimeraient par-ci par là. Des frustrations, ils en auraient gardé au passage du temps. Mais rien de majeur; seulement un peu de poussière d'années mal nettoyées.
Ça fait beaucoup de monde qui ne ferait que transiter vers des cocons. Ça fait beaucoup de monde qui ne penserait qu'aux mille et une manières de laisser-aller...
Est-ce tout?
lundi 25 octobre 2010
Agace-méninges no 2 - La cuisine à la TV : ce qui manque
Pourquoi n'existe-t-il pas de série de télévision sur la cuisine au four micro-ondes? Malgré la myriade d'émissions de cuisine, c'est à croire que la cuisson aux micro-ondes est incompatible avec les ondes télé!
Pourtant, l'appareil est en vente depuis les années 1970. À mon premier (et toujours actif) four micro-ondes, il y a plus de 30 ans, j'avais acheté la bible de ce nouveau mode de cuisson La cuisine micro-ondes de Jehane Benoît (*1). Elle avait aussi été embauchée par le fabricant de fours micro-ondes Panasonic pour développer des recettes, offertes avec l'achat du four (*2).
En 2010, l'absence quasi totale d'utilisation du four micro-ondes par nos chefs à la télé reste mystérieuse. Avec la population vieillissante, où se retrouvent surtout des personnes seules et des couples, cet appareil plus petit et sécuritaire représente un atout. À hauteur de comptoir, pas besoin de se pencher: il se révèle plus simple à utiliser, même avec un handicap comme l'arthrose, par exemple.
Il n'y a pas que les grands-parents qui peuvent plus facilement enseigner ou se faire aider par leurs jeunes petits-enfants. Avec tant d'adultes au travail, cela procure des économies de temps. À moins que de réduire le temps de préparation de la bouffe avec le four micro-ondes ne paraisse pas assez poétique pour les chefs cuisiniers de la télé!
PLUS QUE DU RÉCHAUFFÉ
Le four micro-ondes ne sert pas qu'à réchauffer. À partir d'une recette, voici cinq versions au micro-ondes. Cette sauce est considérée comme délicate à réussir en mode conventionnel. Notre recette est adaptée de Jehane Benoît dont les derniers livres publiés ont formé l'Encyclopédie de la cuisine au four à micro-ondes (*3).
SAUCE HOLLANDAISE, BÉARNAISE OU HOLLANDAISE DE DIJON
CLASSIQUE, MOUSSELINE OU CHANTILLY
Ingrédients de base (Vous pouvez doubler les quantités.)
1/4 tasse de beurre doux non salé (75 g), ou même margarine.
2 jaunes d'oeuf, gros de préférence.
Sel, poivre.
Hollandaise- Jus d'un quart ou un demi-citron, au goût (1 à 3 cuil. à table, au goût)
Béarnaise- Remplacer le jus de citron par 1 c. à table (ou jusqu'3, au goût) de vinaigre de vin blanc, de cidre ou de champagne plus 1 c. à table (ou plus, au goût) d'estragon frais ou séché, et 2 c. à table d'oignon vert haché fin.
Hollandaise de Dijon- Remplacer le jus de citron par 1 c. à table de moutarde de Dijon mélangée à 2 c. à table d'eau.
Préparation
Mettre le beurre dans un bol et chauffer au micro-ondes durant 10 secondes à faible intensité. Recommencez si le beurre n'est pas tout fondu.
Ajoutez au beurre le jus de citron et les jaunes d'oeufs.
Fouettez 15 secondes.
Chauffer 30 secondes à intensité maximale. Fouetter 10 secondes.
Si la texture vous paraît trop liquide, fouettez 10 secondes puis chauffez à intensité maximale 20 secondes. Vous pouvez refaire l'opération plus d'une fois.
À savoir: si les ingrédients se divisent, ajouter 1 c. à café d'eau et fouettez 10 secondes. Vous pouvez refaire cette opération au besoin.
Truc pour la béarnaise: pour une sauce sans parcelles feuillues, mettre le vinaigre, l'estragon et l'oignon dans une tasse et chauffer 3 minutes à intensité maximale. Passer au tamis avant d'incorporer le vinaigre au mélange beurre et oeufs.
Version mousseline
Fouetter les blancs d'oeufs mis de côté dans la recette de base jusqu'à consistance assez ferme. Avec une spatule, incorporez délicatement, en trois fois, à la sauce hollandaise, béarnaise ou hollandaise de Dijon.
Chauffer 20 secondes à intensité maximale, fouettez puis chauffer encore 20 secondes et fouetter.
Version Chantilly
À l'une des trois sauces de base, mélangez 115 ml (1/2 tasse) de crème fouettée.
Servir.
*1- Jehanne Benoit. La cuisine micro-ondes. Les Éditions de l'homme, 1975
*2- Jehanne Benoit, Encyclopédie de la cuisine au four à micro-ondes, 7 volumes, Éditions Messageries du Saint-Laurent, 1985 et suivants.
Publicité de Jehanne Benoit pour Panasonic
Pourtant, l'appareil est en vente depuis les années 1970. À mon premier (et toujours actif) four micro-ondes, il y a plus de 30 ans, j'avais acheté la bible de ce nouveau mode de cuisson La cuisine micro-ondes de Jehane Benoît (*1). Elle avait aussi été embauchée par le fabricant de fours micro-ondes Panasonic pour développer des recettes, offertes avec l'achat du four (*2).
En 2010, l'absence quasi totale d'utilisation du four micro-ondes par nos chefs à la télé reste mystérieuse. Avec la population vieillissante, où se retrouvent surtout des personnes seules et des couples, cet appareil plus petit et sécuritaire représente un atout. À hauteur de comptoir, pas besoin de se pencher: il se révèle plus simple à utiliser, même avec un handicap comme l'arthrose, par exemple.
Il n'y a pas que les grands-parents qui peuvent plus facilement enseigner ou se faire aider par leurs jeunes petits-enfants. Avec tant d'adultes au travail, cela procure des économies de temps. À moins que de réduire le temps de préparation de la bouffe avec le four micro-ondes ne paraisse pas assez poétique pour les chefs cuisiniers de la télé!
PLUS QUE DU RÉCHAUFFÉ
Le four micro-ondes ne sert pas qu'à réchauffer. À partir d'une recette, voici cinq versions au micro-ondes. Cette sauce est considérée comme délicate à réussir en mode conventionnel. Notre recette est adaptée de Jehane Benoît dont les derniers livres publiés ont formé l'Encyclopédie de la cuisine au four à micro-ondes (*3).
SAUCE HOLLANDAISE, BÉARNAISE OU HOLLANDAISE DE DIJON
CLASSIQUE, MOUSSELINE OU CHANTILLY
Ingrédients de base (Vous pouvez doubler les quantités.)
1/4 tasse de beurre doux non salé (75 g), ou même margarine.
2 jaunes d'oeuf, gros de préférence.
Sel, poivre.
Hollandaise- Jus d'un quart ou un demi-citron, au goût (1 à 3 cuil. à table, au goût)
Béarnaise- Remplacer le jus de citron par 1 c. à table (ou jusqu'3, au goût) de vinaigre de vin blanc, de cidre ou de champagne plus 1 c. à table (ou plus, au goût) d'estragon frais ou séché, et 2 c. à table d'oignon vert haché fin.
Hollandaise de Dijon- Remplacer le jus de citron par 1 c. à table de moutarde de Dijon mélangée à 2 c. à table d'eau.
Préparation
Mettre le beurre dans un bol et chauffer au micro-ondes durant 10 secondes à faible intensité. Recommencez si le beurre n'est pas tout fondu.
Ajoutez au beurre le jus de citron et les jaunes d'oeufs.
Fouettez 15 secondes.
Chauffer 30 secondes à intensité maximale. Fouetter 10 secondes.
Si la texture vous paraît trop liquide, fouettez 10 secondes puis chauffez à intensité maximale 20 secondes. Vous pouvez refaire l'opération plus d'une fois.
À savoir: si les ingrédients se divisent, ajouter 1 c. à café d'eau et fouettez 10 secondes. Vous pouvez refaire cette opération au besoin.
Truc pour la béarnaise: pour une sauce sans parcelles feuillues, mettre le vinaigre, l'estragon et l'oignon dans une tasse et chauffer 3 minutes à intensité maximale. Passer au tamis avant d'incorporer le vinaigre au mélange beurre et oeufs.
Version mousseline
Fouetter les blancs d'oeufs mis de côté dans la recette de base jusqu'à consistance assez ferme. Avec une spatule, incorporez délicatement, en trois fois, à la sauce hollandaise, béarnaise ou hollandaise de Dijon.
Chauffer 20 secondes à intensité maximale, fouettez puis chauffer encore 20 secondes et fouetter.
Version Chantilly
À l'une des trois sauces de base, mélangez 115 ml (1/2 tasse) de crème fouettée.
Servir.
*1- Jehanne Benoit. La cuisine micro-ondes. Les Éditions de l'homme, 1975
*2- Jehanne Benoit, Encyclopédie de la cuisine au four à micro-ondes, 7 volumes, Éditions Messageries du Saint-Laurent, 1985 et suivants.
Publicité de Jehanne Benoit pour Panasonic
mercredi 20 octobre 2010
Agace-méninges no 1- Les docteurs à Radio-Canada.
Première réflexion quand l'émission Les docteurs est arrivée à la télévision : pourquoi quatre docteurs? Pourquoi personne d'autre? Il aurait été réaliste (et innovateur) de présenter Des docteurs, des infirmières et des autres soignants.
On sait maintenant qu'il s'agit d'une adaptation de la série américaine The doctors. Acheter le concept permet de piger dans du contenu déjà éprouvé. À l'écoute, l'omnipraticienne Chantal Guimont et les trois spécialistes soit la pédiatre Gaelle Vekemans, le chirurgien orthopédique Jacques Toueg et l'urgentologue Alain Vadeboncoeur se révèlent sympathiques comme tout.
Ils remplissent leur mandat que le docteur Vadeboncoeur a ainsi décrit : « Rassurer certains patients, renseigner pour éviter d'aller à l'urgence, répondre à des questions que les gens n'ont pas le temps de poser quand ils visitent le médecin (sic). ».
Ils n'en reste pas moins que si les docteurs restent les héros du système de santé, la grande majorité de celles et ceux qui nous soignent quand survient un problème, ce sont des infirmières (trois quarts du personnel), des ambulanciers, des psychologues, des chiropraticiens, notamment... Leur faire une place régulière dans l'émission aurait été plus représentatif, sans compter le dynamisme potentiel des échanges entre des perceptions complémentaires.
Les docteurs, diffusé du lundi au jeudi à 16 heures à Radio-Canada, mais pas (encore?) intégré à Tou.TV sur internet.
On sait maintenant qu'il s'agit d'une adaptation de la série américaine The doctors. Acheter le concept permet de piger dans du contenu déjà éprouvé. À l'écoute, l'omnipraticienne Chantal Guimont et les trois spécialistes soit la pédiatre Gaelle Vekemans, le chirurgien orthopédique Jacques Toueg et l'urgentologue Alain Vadeboncoeur se révèlent sympathiques comme tout.
Ils remplissent leur mandat que le docteur Vadeboncoeur a ainsi décrit : « Rassurer certains patients, renseigner pour éviter d'aller à l'urgence, répondre à des questions que les gens n'ont pas le temps de poser quand ils visitent le médecin (sic). ».
Ils n'en reste pas moins que si les docteurs restent les héros du système de santé, la grande majorité de celles et ceux qui nous soignent quand survient un problème, ce sont des infirmières (trois quarts du personnel), des ambulanciers, des psychologues, des chiropraticiens, notamment... Leur faire une place régulière dans l'émission aurait été plus représentatif, sans compter le dynamisme potentiel des échanges entre des perceptions complémentaires.
Les docteurs, diffusé du lundi au jeudi à 16 heures à Radio-Canada, mais pas (encore?) intégré à Tou.TV sur internet.
lundi 18 octobre 2010
9 - Boumeuses, boumeurs à 50 ans: surtout pas!
Anne fête 50 ans en 2010. Elle refuse d'être une boumeuse. «Les boumeurs, je ne m'y identifie pas! Les boumeurs ont tout eu, ils n'ont rien laissé aux plus jeunes! Ils ont pris tous les emplois!»
Accuser les boumeurs d'être favorisés au détriment des autres est devenu un slogan.
Or, c'est faux.
Mais les frustrations d'Anne se dressent, si intenses, qu'elle préfère s'exclure de cette génération plutôt qu'admettre qu'elle représente elle-même une preuve que les boumeuses et boumeurs n'ont pas tout eu, ni tout pris en se foutant des autres.
Qui a décidé d'être boumeuse ou boumeur? Personne.
Veut, veut pas, Anne est une boumeuse, car l'étiquette traduit une donnée de démographie. C'est basé sur des dates de naissance: au Québec, du 1er juillet 1946 au 30 juin 1966, un très fort taux de natalité (de 30 à 24 bébés pour 1000 personnes) s'est maintenu (*1). Pour comparer: avec une augmentation de la natalité depuis 2003, elle atteignait 11,4/1000 en 2009 (*2).
Ajoutons une importante diminution de la mortalité infantile (moins d'un an de vie), de la mortalité des femmes accoucheuses, en plus de la mortalité en général.
Mais qui reprocherait aux parents des boumeurs d'avoir fait trop d'enfants, qui ont survécu en plus grand nombre et qui ont fait aussi des enfants?
Le boum des bébés a duré vingt ans: ce n'est pas inhabituel comme durée en démographie. C'est assez long cependant pour modifier nombre d'éléments de base dans nos sociétés.
DES EMPLOIS À RABAIS
Anne donne une première piste: le manque d'emplois. Précisons: de bons emplois! Elle dit vrai. Depuis trente ans, le travail est devenu de plus en plus précaire. Cela a commencé mine de rien vers la fin des années 1970. Ça s'est étendu et ça se poursuit toujours. Cette réalité a été abordée dans deux précédentes chroniques (Voir *3 et *4).
Les premiers enfants du boum, nés en 1946, ont atteint 20 ans en 1966. Les générations du boum étaient âgées de 10 à 30 ans en 1976. Or, la plus grande période de prospérité économique, sociale et individuelle au Québec a eu lieu de 1946 à 1976.
Les premiers bénéficiaires (et initiateurs) de ce qu'on a surnommé «les trente glorieuses» furent les grands-parents et les parents des boumeurs. Après avoir vécu les suites du Krach boursier de 1929, connu une et parfois deux guerres mondiales et les chambardements d'une société de plus en plus industrielle, ils ont pu enfin souffler.
En 1966, quand les premiers boumeurs ont abordé le monde du travail, il existait beaucoup d'emplois réguliers à temps plein. Tant mieux. Cela a permis d'absorber une partie de ces si nombreux jeunes adultes.
En 1982, il s'est produit une crise financière mondiale, due comme toutes les autres à la spéculation à outrance. Elle a provoqué une insécurité générale. Elle a aussi servi aux employeurs - souvent comme prétexte - pour couper de tous bords tous côtés dans les conditions de travail. C'est au point que la débandade des emplois s'est poursuivie malgré d'autres périodes de prospérité économique.
C'est simplifié, mais ça explique qu'à partir de 1982, il y a eu de nombreuses pertes d'emplois, et même les bons emplois ont perdu des plumes.
Cela explique qu'une portion des boumeurs, puis des générations suivantes s'est retrouvée face à un marché du travail de plus en plus composé d'emplois précaires, avec des conditions racornies. Si une personne est née en 1960, comme Anne, elle avait 22 ans en 1982. Qu'elle ait poursuivi ses études plus longtemps ou pas, elle en a subi les effets généralisés à moyen puis long terme.
Autre conséquence : les personnes qui détenaient un bon emploi s'y sont davantage accrochées; elles sont devenues plus frileuses, voire peureuses. L'insécurité est également entrée dans leur vie pour ne plus pouvoir en sortir, quelles que soient les générations. Cela a apporté des conditions propices au « chacun pour soi ».
La précarisation des emplois est devenue un fondement majeur aux frustrations associées à l'insécurité.
Le plus facile, quand on est inquiet et frustré, c'est de chercher un bouc émissaire. La cohorte des boumeuses et boumeurs est devenue un bouc émissaire idéal, parée de tous les acquis et avantages, en plus de l'égocentrisme. Il y a de quoi devenir anti boumeur!
Mais il n'y a pas que cet élément à considérer. Les boumeuses et les boumeurs ne sont pas coupables de tout, mais ils ne sont, non plus, exempts de lacunes.
-30-
*1- Hervé Gauthier, Sylvie Jean, Georges Langis, Yves Nobert, Madeleine Rochon. Vie des générations et personnes âgées aujourd'hui et demain, Volume 1, Condition de vie, Institut de la statistique du Québec, 2004.
*2- Institut de la statistique du Québec.
*3- Jeunes, vieilles et vieux: le droit au travail?
*4- Jeunes, vieilles et vieux: le droit au travail? (Suite)
Accuser les boumeurs d'être favorisés au détriment des autres est devenu un slogan.
Or, c'est faux.
Mais les frustrations d'Anne se dressent, si intenses, qu'elle préfère s'exclure de cette génération plutôt qu'admettre qu'elle représente elle-même une preuve que les boumeuses et boumeurs n'ont pas tout eu, ni tout pris en se foutant des autres.
Qui a décidé d'être boumeuse ou boumeur? Personne.
Veut, veut pas, Anne est une boumeuse, car l'étiquette traduit une donnée de démographie. C'est basé sur des dates de naissance: au Québec, du 1er juillet 1946 au 30 juin 1966, un très fort taux de natalité (de 30 à 24 bébés pour 1000 personnes) s'est maintenu (*1). Pour comparer: avec une augmentation de la natalité depuis 2003, elle atteignait 11,4/1000 en 2009 (*2).
Ajoutons une importante diminution de la mortalité infantile (moins d'un an de vie), de la mortalité des femmes accoucheuses, en plus de la mortalité en général.
Mais qui reprocherait aux parents des boumeurs d'avoir fait trop d'enfants, qui ont survécu en plus grand nombre et qui ont fait aussi des enfants?
Le boum des bébés a duré vingt ans: ce n'est pas inhabituel comme durée en démographie. C'est assez long cependant pour modifier nombre d'éléments de base dans nos sociétés.
DES EMPLOIS À RABAIS
Anne donne une première piste: le manque d'emplois. Précisons: de bons emplois! Elle dit vrai. Depuis trente ans, le travail est devenu de plus en plus précaire. Cela a commencé mine de rien vers la fin des années 1970. Ça s'est étendu et ça se poursuit toujours. Cette réalité a été abordée dans deux précédentes chroniques (Voir *3 et *4).
Les premiers enfants du boum, nés en 1946, ont atteint 20 ans en 1966. Les générations du boum étaient âgées de 10 à 30 ans en 1976. Or, la plus grande période de prospérité économique, sociale et individuelle au Québec a eu lieu de 1946 à 1976.
Les premiers bénéficiaires (et initiateurs) de ce qu'on a surnommé «les trente glorieuses» furent les grands-parents et les parents des boumeurs. Après avoir vécu les suites du Krach boursier de 1929, connu une et parfois deux guerres mondiales et les chambardements d'une société de plus en plus industrielle, ils ont pu enfin souffler.
En 1966, quand les premiers boumeurs ont abordé le monde du travail, il existait beaucoup d'emplois réguliers à temps plein. Tant mieux. Cela a permis d'absorber une partie de ces si nombreux jeunes adultes.
En 1982, il s'est produit une crise financière mondiale, due comme toutes les autres à la spéculation à outrance. Elle a provoqué une insécurité générale. Elle a aussi servi aux employeurs - souvent comme prétexte - pour couper de tous bords tous côtés dans les conditions de travail. C'est au point que la débandade des emplois s'est poursuivie malgré d'autres périodes de prospérité économique.
C'est simplifié, mais ça explique qu'à partir de 1982, il y a eu de nombreuses pertes d'emplois, et même les bons emplois ont perdu des plumes.
Cela explique qu'une portion des boumeurs, puis des générations suivantes s'est retrouvée face à un marché du travail de plus en plus composé d'emplois précaires, avec des conditions racornies. Si une personne est née en 1960, comme Anne, elle avait 22 ans en 1982. Qu'elle ait poursuivi ses études plus longtemps ou pas, elle en a subi les effets généralisés à moyen puis long terme.
Autre conséquence : les personnes qui détenaient un bon emploi s'y sont davantage accrochées; elles sont devenues plus frileuses, voire peureuses. L'insécurité est également entrée dans leur vie pour ne plus pouvoir en sortir, quelles que soient les générations. Cela a apporté des conditions propices au « chacun pour soi ».
La précarisation des emplois est devenue un fondement majeur aux frustrations associées à l'insécurité.
Le plus facile, quand on est inquiet et frustré, c'est de chercher un bouc émissaire. La cohorte des boumeuses et boumeurs est devenue un bouc émissaire idéal, parée de tous les acquis et avantages, en plus de l'égocentrisme. Il y a de quoi devenir anti boumeur!
Mais il n'y a pas que cet élément à considérer. Les boumeuses et les boumeurs ne sont pas coupables de tout, mais ils ne sont, non plus, exempts de lacunes.
-30-
*1- Hervé Gauthier, Sylvie Jean, Georges Langis, Yves Nobert, Madeleine Rochon. Vie des générations et personnes âgées aujourd'hui et demain, Volume 1, Condition de vie, Institut de la statistique du Québec, 2004.
*2- Institut de la statistique du Québec.
*3- Jeunes, vieilles et vieux: le droit au travail?
*4- Jeunes, vieilles et vieux: le droit au travail? (Suite)
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