L'augmentation des emplois précaires paraît comme un exemple d'une société plus égocentrique.
Que le travail soit basé sur l'insécurité, est-ce ce que nous voulons?
Nous sommes obligés de subvenir à nos besoins, sinon à ceux de notre famille. Joindre les deux bouts, améliorer son sort, prévenir les coups durs ou préparer une retraite sécurisante, ça ne tient pas du caprice. Et puis, c'est ce qui fonde l'économie.
La précarité reste synonyme d'appauvrissement. Dans la pauvreté, il n'y a pas grand espoir pour autre chose que la survie.
Enlever ou refuser d'établir des emplois à temps plein ne relève pas du hasard, mais d'une volonté des entreprises ainsi que des gouvernements.
Au lieu du redondant ''Ça coûte trop cher.'', il serait plus pertinent d'évaluer les coûts du refus de meilleurs gagne-pain?
Il ne s'agit pas tant de création de la richesse: les sociétés occidentales en produisent, et beaucoup. Il faut plutôt regarder la distribution de la richesse.
Une communauté où les gens sont bien traités ne devrait pas être considérée comme un inconvénient.
En favorisant à outrance des postes ni assurés, ni stables, ni payants, les donneurs d'ouvrage publics comme privés escamotent leurs responsabilités sociales.
N'est-ce pas une forme pernicieuse d'évasion fiscale?
Un emploi normal doit apporter plus de pouvoir sur sa propre vie. Il génère de facto de l'argent aux systèmes de protection qui améliorent l'existence de l'ensemble des gens. Les employeuses et employeurs doivent y cotiser tout comme les employés.
Parmi les soutiens, on trouve les services de santé, les prestations de chômage, de parentalité, d'accidents, la garde subventionnée d'enfant, les régimes de retraite.
Mais il y a la Crise financière: quel mauvais moment pour penser à un meilleur monde du travail...
Quoique s'il faut attendre une saison sans crise, oublions tout. Un gros ballon mondial, il en crève tous les dix ans. Entretemps, il y a toujours des bousculades de secteurs, produits, monnaies, etc.
Il n'existe jamais de période parfaite: la vie, c'est le changement.
Heureusement, chercher à s'adapter ne signifie pas être soumis comme des moutons qu'on mène à l'abattoir.
Car ce qui fait le plus mal vieillir, c'est de baisser les bras.
-30-
lundi 16 novembre 2009
mardi 10 novembre 2009
5 - Jeune, vieille ou vieux: le droit au travail?
Impossible d'explorer le fait de vieillir sans aborder le travail. C'est un volet important que nous fouillerons aussi. Car gagner sa vie se révèle difficile des jeunes aux plus vieilles et vieux, même si nous sommes dans un pays riche.
Un emploi régulier à temps plein est considéré, de nos jours, comme un billet gagnant de loterie. La sécurité d'emploi est devenue, maintenant, anormale.
Pourtant, si vous ne trouvez pas de tels emplois, vous êtes frustrés contre celles et ceux qui en détiennent. Les permanents, eux, se sentent menacés.
S'agit-il d'une nouvelle réalité? Est-ce dû à la crise financière qui a explosé en 2008? Pas du tout!
Depuis la fin des années 1970, les donneurs d'ouvrage ont cherché à éliminer les postes à temps plein ainsi que la sécurité d'emploi. Ils ont oeuvré à augmenter le travail précaire. Ils ont réussi.
Si certains besoins peuvent justifier des charges moindres de travail, et si certaines personnes préfèrent ne pas travailler à temps plein, ce ne sont pas les choix individuels qui créent les problèmes.
Sans trop le réaliser, nous avons plutôt subi un changement majeur: l'augmentation constante des postes à temps partiel.
En 1975, il y en avait 10% au Québec et 13,7% des emplois au Canada: 1 personne sur 10.
En 1993, ça représentait 20% au Québec et 22,6% au Canada: 1 personne sur 5 (voir A).
En 2008, ça touchait 37% de la population active au Québec comme au Canada: plus d'1 personne sur 3 (voir B).
Ce qui est tordu, c'est que le travail précaire handicape la capacité de bien vieillir pour les personnes qui le subissent, et aussi pour tout le monde. À suivre.
-30-
A- Source François Aubry. La réduction du temps de travail. Service de recherche CSN, dossier Nouvelles CSN, Montréal 1995.
B- Sources Statistiques Canada et Gouvernement du Québec.
DÉFINITION Travail précaire: la durée hebdomadaire est de 30 heures ou moins; il est appelé temps partiel, atypique, non conventionnel, temporaire, surnuméraire, sur appel, saisonnier, occasionnel, autonome, indépendant, flexible, à forfait.
DÉFINITION Population active: les personnes de 15 ans et plus en emploi, en chômage actif c'est-à-dire à la recherche active d'un emploi, mis à pied en attente de reprendre le travail ou dont le nouvel emploi débutera d'ici quatre semaines.
La population inactive est absente du marché du travail. Elle comprend les personnes à la retraite, aux études à temps plein, en prison, à l'hôpital depuis plus de 6 mois, hébergées dans un centre de soins de longue durée ainsi que les conjointes et conjoints qui s'occupent de la maison.
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Un emploi régulier à temps plein est considéré, de nos jours, comme un billet gagnant de loterie. La sécurité d'emploi est devenue, maintenant, anormale.
Pourtant, si vous ne trouvez pas de tels emplois, vous êtes frustrés contre celles et ceux qui en détiennent. Les permanents, eux, se sentent menacés.
S'agit-il d'une nouvelle réalité? Est-ce dû à la crise financière qui a explosé en 2008? Pas du tout!
Depuis la fin des années 1970, les donneurs d'ouvrage ont cherché à éliminer les postes à temps plein ainsi que la sécurité d'emploi. Ils ont oeuvré à augmenter le travail précaire. Ils ont réussi.
Si certains besoins peuvent justifier des charges moindres de travail, et si certaines personnes préfèrent ne pas travailler à temps plein, ce ne sont pas les choix individuels qui créent les problèmes.
Sans trop le réaliser, nous avons plutôt subi un changement majeur: l'augmentation constante des postes à temps partiel.
En 1975, il y en avait 10% au Québec et 13,7% des emplois au Canada: 1 personne sur 10.
En 1993, ça représentait 20% au Québec et 22,6% au Canada: 1 personne sur 5 (voir A).
En 2008, ça touchait 37% de la population active au Québec comme au Canada: plus d'1 personne sur 3 (voir B).
Ce qui est tordu, c'est que le travail précaire handicape la capacité de bien vieillir pour les personnes qui le subissent, et aussi pour tout le monde. À suivre.
-30-
A- Source François Aubry. La réduction du temps de travail. Service de recherche CSN, dossier Nouvelles CSN, Montréal 1995.
B- Sources Statistiques Canada et Gouvernement du Québec.
DÉFINITION Travail précaire: la durée hebdomadaire est de 30 heures ou moins; il est appelé temps partiel, atypique, non conventionnel, temporaire, surnuméraire, sur appel, saisonnier, occasionnel, autonome, indépendant, flexible, à forfait.
DÉFINITION Population active: les personnes de 15 ans et plus en emploi, en chômage actif c'est-à-dire à la recherche active d'un emploi, mis à pied en attente de reprendre le travail ou dont le nouvel emploi débutera d'ici quatre semaines.
La population inactive est absente du marché du travail. Elle comprend les personnes à la retraite, aux études à temps plein, en prison, à l'hôpital depuis plus de 6 mois, hébergées dans un centre de soins de longue durée ainsi que les conjointes et conjoints qui s'occupent de la maison.
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mardi 3 novembre 2009
1- Vieillir est une situation nouvelle
Vieillir est une situation nouvelle: nous n'avons jamais autant vieilli et nous n'avons jamais vieilli aussi longtemps. Est-ce une catastrophe pour autant? Même les plus jeunes s'en inquiètent.
Parlons en des catastrophes!
Avec et sans ironie, ce ne sont pas les prophètes de malheur qui manquent.
Nous avons la catastrophe facile, à croire que le catastrophisme est devenu une mode.
Le vieillissement n'échappe certes pas à la tendance.
Plus: c'est comme si le mal était fait. La cause est déjà jugée et condamnée. Sans appel.
La conclusion est toujours brutale: vieillir a été surnommé le tsunami gris. Pour chaque personne comme pour les sociétés. Pas moyen d'y échapper?
Voici un exemple.
Jamais, il n'y a eu une proportion aussi importante de gens à la veille d'être vieille ou vieux puisque c'est le lot des boumeuses et boumeurs... en plus des séniors actuels.
Pour les sociétés, les économies, ça va coûter tellement cher, ça va provoquer tant de problèmes, tous ces gens qui deviendront des poids de plus en plus lourds.
Pire: les plus jeunes en seront les pauvres victimes.
Cette croyance est véhiculée dans toutes les sociétés occidentales.
Mais est-elle vraie?
Explorer le fait de vieillir, ce sera l'aventure de cette chronique, autant les apparences que l'esprit, autant le porte-monnaie que le coeur.
Autant les perceptions que les faits, les préjugés que les lieux communs.
Autant les recherches que les impressions.
Autant en collectif que seule ou seul devant son miroir.
Bien sûr, vieillir, ce n'est pas nouveau, mais vieillir de nos jours est une situation nouvelle.
Ça risque d'être: surprenant? déroutant? amusant? déprimant? rassurant?
Il y a de quoi rester curieux.
Parlons en des catastrophes!
Avec et sans ironie, ce ne sont pas les prophètes de malheur qui manquent.
Nous avons la catastrophe facile, à croire que le catastrophisme est devenu une mode.
Le vieillissement n'échappe certes pas à la tendance.
Plus: c'est comme si le mal était fait. La cause est déjà jugée et condamnée. Sans appel.
La conclusion est toujours brutale: vieillir a été surnommé le tsunami gris. Pour chaque personne comme pour les sociétés. Pas moyen d'y échapper?
Voici un exemple.
Jamais, il n'y a eu une proportion aussi importante de gens à la veille d'être vieille ou vieux puisque c'est le lot des boumeuses et boumeurs... en plus des séniors actuels.
Pour les sociétés, les économies, ça va coûter tellement cher, ça va provoquer tant de problèmes, tous ces gens qui deviendront des poids de plus en plus lourds.
Pire: les plus jeunes en seront les pauvres victimes.
Cette croyance est véhiculée dans toutes les sociétés occidentales.
Mais est-elle vraie?
Explorer le fait de vieillir, ce sera l'aventure de cette chronique, autant les apparences que l'esprit, autant le porte-monnaie que le coeur.
Autant les perceptions que les faits, les préjugés que les lieux communs.
Autant les recherches que les impressions.
Autant en collectif que seule ou seul devant son miroir.
Bien sûr, vieillir, ce n'est pas nouveau, mais vieillir de nos jours est une situation nouvelle.
Ça risque d'être: surprenant? déroutant? amusant? déprimant? rassurant?
Il y a de quoi rester curieux.
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